• Image of Gérard Laurenceau - BEAUCE: Paysages Sourds
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60 pp / 195 x 230mm
Softcover
Fedrigoni papers:
350gsm cover
170gsm satin text
Edition of 200
APP037
ISBN 978-1-9162385-6-5

Also available as a Special Edition, limited to 30 copies - each with an A4 limited edition inkjet print signed and numbered by Gérard (see image) - £48.00

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Beauce, paysages sourds

Texte de Emilie Chaudet.
Emission "Les petits matins" de France Culture du 29 mai 2017.

" ... C’est une route complètement vide. Il y a eu du passage et puis là, pendant quelques instants, quelques heures, plus rien. Seule la pluie. Le ciel blanc. Ce sont des paysages sourds. On peut entendre jusqu’aux aiguilles d’une montre. Un rythme lent et métallique qui s’incruste dans notre paysage interne. Qui le cadence de brume et de pluie. Personne d’autre que nous à ce moment là ne peut entrer. Les portes sont fermées et les volets clos eux aussi. Comme si personne n’habitait dans ces villages. Comme si les routes n’existaient plus sur les cartes. Des herbes hautes font barrages au milieu de rails où les trains ne passent plus. Comme les vestiges d’un voyage, qui, à un moment, a été possible. C’est une étendue vide et grise, mais qui nous accueille qui nous dit que la vie ici, peut-être douce. Une bulle. Juste un passage. Ce moment, juste après la pluie. L’odeur de la terre mouillée, du goudron mouillé. Cette sensation de silence qui nous envahit. Dépasse les frontières du paysage. Cet état où l’on hésite entre rester encore un peu chez soi, ou sortir enfin. Être le premier à sortir. Etre seul sur cette route humide et calme. Cette sensation qui ne dure pas, que l’on aimerait retenir à ce moment là, d’un extrême confort intérieur qui côtoie dans une même âme, une infinie mélancolie. C’est une frontière, une bordure. D’un état d’âme vers un autre, d’une forêt vers une route, de la route à l’entrée d’un village. On se tient ici, en bordure de quelque chose. Au bord de nous même. Là où les ponts sont bien cachés. Se fondent au reste du paysage. Des "paysages sourds" de Gérard Laurenceau, qui n’entendent rien, nous enveloppe dans ce silence. Les saisons, le temps passent au second plan, puisqu’il est toujours l’heure de la transition, du pas de plus vers le vide, d’un éveil vertical ..."

Beauce, muted landscapes

Text by Emilie Chaudet.
Extract from the France Culture programme “Les petits matins”, 29 May 2017.

“…The road is completely empty. There was some traffic and then, for a few moments, a few hours, nothing. Only the rain. A white sky. Those are muted landscapes. You can even hear the ticking of your watch. A slow, metallic sound permeating your inner landscape. Setting its rhythm with mist and rain. At that very moment, no one else but you can enter. Doors are closed, blinds are shut, too. As if no one lived in those villages. As if the roads no longer existed on maps. Tall grass obstructs the rails no longer crossed by trains. Like relics of a journey that was once possible. It’s an empty, grey, but welcoming stretch that tells you that life can be pleasant here. A bubble. Just a passage. That moment, right after the rain. The smell of wet soil, wet asphalt. A feeling of silence takes over, goes beyond the landscape’s borders. That state when you hesitate between staying home a bit longer and going out at last. To be the first outside. To be alone on that calm, wet road. A fleeting sensation that you would like to hold on to. A deep sense of inner comfort that borders on infinite melancholy. It’s a border, an edge that takes you from one state of mind to another, from a forest to a road, from the road to the village entrance. You stand here, at the edge of something. At the edge of yourself. Where bridges are well hidden. They blend in with the rest of the landscape. Gérard Laurenceau’s “muted landscapes” make no sound. They shroud us in silence. Seasons, time fade in the background. It is always time to pass, to take one further step towards emptiness, to awake on your feet…”

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